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19 juillet - 26 Août 2006, Egypte


Ayant obtenu une bourse de voyage Zellidja, je pars avec un objectif de reportage : étude de la poterie. Je passe trois semaines seule à Ezbet Tounes, petit village de l'oasis du Fayoum où un couple Suisse, Michel Pastore et Evelyne Porret sont installés depuis une trentaine d'années. Ils y ont fondé une école de poterie. Au Caire, je loge à l'appartement de la Baleine Blanche où sont déjà installés Raphaël, Baptiste, Elodie et Manu. Nous continuons le voyage ensemble et après quelques jours au Caire où nous rencontrons des potiers, nous prenons la route pour Siwa, oasis du désert lybique, en passant par Alexandrie et Marsa Matrouh. Puis nous nous rendons à Port-Saïd à l'entrée du canal de Suez et faisons le tour du lac Manzaleh. Après avoir rejoint le Caire, nous retournons au Fayoum faire nos adieux et déjà, le voyage se termine...

Un conseil aux 16-20 ans qui veulent voyager en France, en Europe ou ailleurs : courrez sur le site de Zellidja ! Il faut partir seul(e), pendant au moins un mois avec un objectif de reportage et rendre au retour un carnet de voyage, un compte rendu de reportage et des comptes détaillés à l'association qui permet chaque année à des tas de jeunes de partir. Aucune limite sur la destination et le but du reportage, il faut juste être dans "l'esprit  Z"...

(NB : Dates fictives pour gérer l'ordre des articles.)
Samedi 15 juillet 2006 6 15 /07 /2006 09:40
Nous avons quitté Siwa et avons roulé toute la nuit pour arriver au Caire le 15 Août au petit matin. Cap sur Port-Saïd le lendemain !


La ville de Port Saïd est à cheval sur le canal de Suez. Un bac relie le côté Port Saïd au côté Port Fouad, il est gratuit et quasiment pas d'attente pour traverser. Une ville paisible où l'accueil est sympathique. Nous dormons à des prix imbattables au Mereland Hotel à Port Saïd.



La petite Histoire :
A la base, la statue de la liberté était destinée à l'entrée du canal de Suez. Le sculpteur français Bartholdi s'est inspiré des gigantesques stautes du temple d'Abou Simbel. La statue devait représenter selon lui "l'Egypte portant la lumière de l'Asie". Mais le khédive Ismaïl d'abord enthousiasmé jugea ensuite le projet trop coûteux. L'oeuvre revint donc à New York où elle devint "la Statue de la Liberté". A sa place, à l'entrée du canal de Suez, on érigea une statue de Ferdinand de Lesseps, déboulonnée par Nasser en 1956 au moment de la nationalisation du canal.





Le lac Manzaleh est à trois ou quatre kilomètre de Port Saïd. Il ressemble à un marais avec ses îlots où logent des familles de pêcheurs. Il n'y a pas beaucoup de fond et on s'y déplace en felouque. Un bac relie en trois heures les deux rives de Port Saïd à El Matarya et les pêcheurs qui regagnent leurs maisons s'accrochent à l'arrière du bac pour éviter de sortir les voiles ou simplement parce qu'il n'y a pas de vent !

Levé 5 heures pour avoir le premier bac (on a loupé celui d'hier !).  On croise les doigts pour ne pas être embêtés par les militaires et on s'incruste sur un bac après avoir un peu attendu, bouffés par les moustiques. Il fait gris... c'est raté pour le levé du soleil ! C'est vendredi et il y a comme un air de vacances. Certains pêcheurs travaillent mais beaucoup pique-niquent sur leur felouque en famille, se baignent.



Arrivée à El Matarya, les gens sont intrigués de notre présence. Le temps d'un café et on tente de trouver les fameux chantiers de bateaux situés dans une petite ville au bord du lac ... Mais laquelle ? De minibus en taxis collectifs, les incompréhensions sont nombreuses. On nous amène d'abord voir un petit artisan qui fabrique des felouques à Chatta croyant que nous voulons en acheter une. Retour à Matarya, on recommence les explications. Passage par Manzalah puis Damiette et enfin Ezbet el Burg. Ici, on demande le chantier mais les gens sont étonnés : c'est vendredi, pourquoi tu veux aller voir le chantier ? Un jeune homme immense et baraqué nous y conduit, la démarche tranquille. On aperçoit enfin les énormes carcasses de bateaux ! Un homme nous interpelle, il se dit "designer", en fait, il peint sur les coques et les proues des bateaux. Nous discutons un peu et repartons à la recherche d'un vendeur de falafel (il fait faim!).

Comme l'impression d'avoir traversé toute l'Egypte en deux jours ! Sur le retour, le chauffeur du taxi collectif me fait peur. Il zigzague entre les voitures, repli son rétroviseur pour mieux passer... on se croirait dans un épisode de taxi.


(extrait du carnet de bord)
"Ici en Egypte, tout grouille de vie. Une charette qui passe, un piéton qui traverse n'importe où, une marche arrière en pleine rue, un vendeur de maïs sur un ralentisseur... Tout surprend toujours. Ce que j'aime ici, c'est que la monotonie ne semble pas exister."
Par Odile - Publié dans : PORT SAID
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